Hommage à Jeanne CHOLLET et Marthe LABORDE, résistantes à Créteil
À l’occasion de la parution du livre Résistance et libération à Créteil de Annie Pennetier-Surzur et Claude Pennetier, historien.ne.s cristolien.ne.s, nous souhaitons rendre hommage à Jeanne CHOLLET et Marthe LABORDE qui ont eu le courage de sauver à Créteil des enfants juifs de la barbarie nazie antisémite. Des femmes du peuple qui se sont illustrées par leur leur humanité et qui sont des exemples pour nous aujourd’hui.
Nous vous invitons à vous procurer le livre pour avoir une présentation complète de ces héroïnes de la résistance et pour parcourir les notices biographiques de nombreux cristolien.ne.s résistant.e.s. Vous découvrirez par exemple les actions du responsable de la Résistance locale, Charles Joyen, libraire résistant, dont la famille hébergea un temps Charles Gentes, jeune juif, qui deviendra chanteur dans le groupe des « Compagnons de la chanson ».
Une présentation du livre est prévue le 6 mai à la Maison du combattant de Créteil.
Nous rendons aussi hommage aux six victimes cristoliennes de la déportation raciale qui meurent gazées à Auschwitz-Birkenau entre juillet 1942 et février 1944 dans le cadre de la Solution Finale : Makas et Lina Simenskis (originaires de Lituanie), Henri Fuchs (originaire de Pologne), Raymonde Herschkovitch, Régine Kalman née Mankowies et Joseph Kalman (originaires de Hongrie). Plus d’un million de Juifs ont été ainsi gazés à Auschwitz-Birkenau, une partie des six millions de Juifs exterminés par les nazis.
Sans l’action de Jeanne CHOLLET et Marthe LABORDE, les enfants juifs qu’elles ont sauvé auraient pu subir la même terrible fin entre les mains génocidaires des nazis.
Jeanne CHOLLET, une nourrice en or
Née à Fontainebleau le 26 mai 1886, Jeanne CHOLLET est venue habiter à Créteil après 1936 dans une petite maison allée du Morbras à l’angle de la rue du Général de Marbot en bords de Marne.
Elle accueillit et cacha dans sa maison au cours de la Seconde guerre mondiale, 5 enfants juifs.
Annie Pennetier-Surzur et Claude Pennetier rapportent que le grand jardin produisait les légumes, certains transformés en conserves, le voisin donnait les fruits l’été. L’un des enfants juifs, Bernard, se souvient « des tomates vertes de la fin de l’été (…), il n’y avait pas une place pour une fleur ».
Les photos des enfants cachés et sauvés restèrent sur son buffet jusqu’à sa mort le 14 septembre 1955.
Marthe LABORDE, une assistante sociale déterminée
Née au Havre le 22 mars 1908, Marthe LABORDE était lorsque la Seconde guerre mondiale éclata, assistante sociale à l’hôpital de Créteil.
En charge de trouver des familles d’accueil pour les enfants sans ressource, elle a mis à l’abri du danger 207 enfants juifs en les accompagnant en Normandie avec des faux-papiers. Annie Pennetier-Surzur et Claude Pennetier indiquent qu’elle prit des risques considérables en hébergeant chez elle plusieurs petits juifs en attendant de pouvoir les emmener en Normandie.
Elle mourut à l’age de 95 ans le 12 juillet 2003.